Conférence : La Commune de Paris par Roger Martelli.

Suite à la résolution adoptée par l’Assemblée Nationale, Roger Martelli, président des Amies et amis de la Commune de Paris et codirecteur de la revue Regards, invité à Marseille à l’Agora Guy Hermier, préconise une lecture plurielle de la complexité de la Commune de Paris et invite à quelques pistes de réflexion sur son impact aujourd’hui.

Faire connaître la Commune et ses idéaux.
L’association, nouvellement rebaptisée les Amies et amis de la Commune de Paris, a été créée en 1882. Elle est une des plus vieilles associations françaises et la plus ancienne association du mouvement ouvrier. Elle voit le jour lors de l’amnistie des combattants de la Commune. Elle a pour but de faire connaître l’histoire de la Commune et ses idéaux.

« Il faut admirer et aimer Louise Michel ».
On ne peut parler de la Commune sans présenter l’une de ses figures les plus remarquables : Louise Michel. On connaît cette personnalité extraordinaire, décédée d’épuisement à Marseille après une série de colloques en Algérie. Louise Michel ne laisse personne indifférent. Elle est respectée par Victor Hugo, admirée par Clémenceau. Selon Roger Martelli, ce personnage est « exemplaire de ce qu’a été la Commune, comme une incarnation » de ce mouvement. Cette femme a touché à tout ce qui avait avoir avec le désir de révolte, le désir d’émancipation et de liberté.
Fille naturelle, elle évoluera à la frontière de deux mondes. Institutrice, précurseur des méthodes Freinet, elle exercera dans des établissements privés, refusant de prêter allégeance à l’Empire. Poétesse talentueuse, engagée pour le droit des femmes, passionnée de psychothérapie, elle anticipe ce que l’on appellera bien plus tard l’anti psychiatrie. Tous ses parcours cristallisent ses combats pour la liberté.

La Commune est un événement pluriel.
A ce jour, la Commune de Paris n’est toujours pas inscrite aux programmes scolaires. Elle n’existe pas, ou peu, pour les jeunes générations. Cependant, une résolution est adoptée à l’Assemblée nationale le 29 novembre 2016 qui « estime qu’il est temps de prendre en compte les travaux historiques ayant établi les faits dans la répression de la Commune de Paris de 1871 ; -juge nécessaire que soient mieux connues et diffusées les valeurs républicaines portées par les acteurs de la Commune de Paris de 1871 ; – souhaite que la République rende honneur et dignité à ces femmes et ces hommes qui ont combattus pour la liberté aux prix d’exécutions sommaires et de condamnations iniques ; – proclame la réhabilitation des victimes de la répression de la Commune de Paris de 1871. »

Pour Les amies et amis de la Commune de Paris, « c’est une joie et une responsabilité. » L’association met en place une réflexion sur l’image qu’il faut transmettre. Selon Roger Martelli, il faut travailler deux pistes. Dans un premier temps, « si l’on veut donner une image de la Commune, elle doit être plurielle. La dispute rouge/noir n’a plus lieu d’être. » La Commune est la convergence de tous ces mouvements et c’est cette rencontre qui fait sa richesse.
Dans un second temps, il faut entendre que « la Commune n’a pas de leçon à donner ». Elle ne reproduira pas. Changement d’époque, de contexte. «

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