Inauguration de la place Louise Michel, une mobilisation citoyenne.

Ce samedi, les événements autour de l’inauguration de la place Louise Michel ont démarré ce matin avec une visite organisée de Belzunce. Ce qui marque avant tout c’est la mobilisation citoyenne des habitants et commerçants de ce quartier populaire de Marseille.

Dix ans de lutte. C’est vite dit, mais c’est une longue et âpre histoire que cette bataille menée par les habitants de Belzunce. Dans un premier temps, la bataille engagée contre la mairie était de sauvegarder et aménager une place au milieu du quartier. La place est souvent occupée par les chibanis qui s’y retrouvent quotidiennement depuis l’après-guerre. Ils sont rejoints par les enfants, les mamans, les jeunes, tous ceux qui occupent, traversent l’espace public. Fait exceptionnel, la ville autorise la tenue d’un référendum des habitants et commerçants du quartier pour décider de l’avenir de la place : espace public aménagé ou construction d’un immeuble. C’est l’espace public qui l’emporte avec 80% des suffrages !

Dans un deuxième temps, il faudra baptiser ce lieu qui, pour le moment, n’est qu’une description géographique : angle des rues Petites Maries/Fare/Longue des Capucins. Le choix est fait par tous, menés par le propriétaire de l’hôtel qui réside sur la place, comme un pied de nez à ceux qui pensent que l’intégration ne se fait pas… Louise Michel ! Bien sûr que son passé de communarde a pesé dans la balance, mais c’est son combat d’humaniste et ses liens privilégiés avec l’Algérie qui seront les principaux arguments de ce choix.

Les habitants seront appuyés par l’Association des Amis de la Commune qui se déplaceront, il y a quelques années, pour poser une plaque « place Louise Michel ». Cette démarche est entérinée par la mairie qui accepte d’entretenir la plaque. Si finalement c’est un square pour enfants -et non une place- qui sera officiellement inauguré dimanche 14 octobre 2018 par la mairie de Marseille, les habitants l’ont décidé, ce sera bien le nom définitif de cette place anonyme.

Il semble ici se dessiner le programme énoncé par le dramaturge anarchiste Armand Gatti, et mis à l’œuvre par les architectes et plasticiens d’Échelle Inconnue : « Combattre avec la ville que l’on voudrait et qui ne figure pas au cadastre celle qui y figure. De là, peut-être, l’avènement des mots géants. »

Quartier fantasmé par les uns, défendus par les autres, Belzunce reste un des quartiers phares de Marseille. Symbole de cette ville monde que fut Marseille, de l’accueil, mais aussi du passage, du départ. Les nombreux vendeurs de valises cristallisent ici la problématique de l’exil : toujours prêts à partir ou poser ses valises… ?

Programme complet dans notre édition du 12 octobre 2018.

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