Journée internationale de l’eau : rencontres à Martigues

Le 22 mars a été institué journée mondiale de l’eau par l’ONU. Comme l’air, l’eau doit rester un droit inaliénable pour tous. Le MNLE et Eau Bien Commun (EBC) militent pour que cet élément essentiel ne soit pas traité comme une marchandise. Le capitalisme mondial florissant, et par conséquent la polarisation des richesses, provoque une situation instable de l’accès à l’eau potable et à un assainissement correct.

Il est usuel de penser que ces problématiques ne nous concernent pas au quotidien. Cependant, au moins un tiers de l’Humanité souffre du manque d’une eau saine, en quantité suffisante, en permanence au robinet. Un milliard de personnes défèquent en plein air, 2,5 milliards ne jouissent pas de toilettes et d’assainissement correct. Plus de la moitié de la population, ne se lavant pas suffisamment, est à la merci de la transmission d’épidémies. En France, plus de 300 000 personnes sont mises à l’écart de la fourniture régulière d’eau potable, de toilettes et de douches. A Marseille, ce sont 40 000 appartements qui sont déclarés insalubres.

Pourtant, l’accès intégral à une eau saine a été reconnu par l’ONU, le 28 juillet 2010, comme un droit humain fondamental, dont la jouissance est nécessaire à la vie et à la santé, droit sans lequel aucun autre droit humain ne peut être exercé. Dans ce cadre, il est essentiel d’envisager l’aspect démocratique de l’accès à l’eau. Pour ce faire, il devient nécessaire de discuter ensemble des politiques publiques à mettre en place pour l’ensemble du cycle de l’eau. Quand certains poussent à la privatisation de la gestion de l’eau, donc sa marchandisation, ce sont les besoins et pratiques de tous qui sont mis en danger. Par ces privatisations, ces concessions et ce désengagement des pouvoirs publics, on souhaite éloigner les usagers de la capacité de décision. Il faut promouvoir l’extension et l’amélioration du service public et, dans ce cadre, la prise en compte collective des interactions entre le grand cycle de l’eau et l’usage des sols. Il faut engager la transformation de l’agriculture, réformer la gestion des forêts et changer de conception de l’urbanisation.

Le mouvement italien de l’eau dans sa lutte victorieuse contre la privatisation avait mis en exergue la devise : « qui dit eau, dit démocratie ». En France les lois NotRe et MAPAM obligent à transférer les compétences communales eau, assainissement et inondations aux collectivités de niveau supérieur. Cependant, pour le grand public, ces questions restent très virtuelles et semblent éloignées. La complexité et l’opacité des pratiques incitent au désengagement des citoyens.

Le 22 mars à Martigues, les intervenant s’emploieront à définir le danger des SEMOP et les stratégies de lutte pour les entraver. Nous discuterons de la nécessité de rendre plus vivantes et désirables les régies par le développement de la cogestion délibérative élus, personnel, usagers.