Journée internationale des droits des femmes.

Non, ce n’est pas la Journée de la femme. La femme n’a pas besoin d’une journée qui lui rappelle ce qu’elle est, comme la Journée sans tabac, la Journée de la politesse. On lui a déjà collé la Fête des mères, la Saint Valentin… Et on semble vouloir réduire la femme à ce joli emballage rose dans lequel elle ne souhaite décidément pas rentrer.

La Journée internationale des droits des femmes s’inscrit dans une histoire de luttes menées par les femmes, pour les droits des femmes. Olympe de Gouges disait : « La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droit. » Encore aujourd’hui, les luttes des femmes tendent à obtenir cette égalité. C’est en 1910 que pour la première fois, Clara Zetkin, propose la création d’une journée internationale des femmes. Il faudra attendre 1917 et la grève des ouvrières de Saint-Pétersbourg pour que la date du 8 mars soit enfin fixée. La Journée internationale des droits des femmes devient une « tradition » internationale à partir de 1945.

Si le 8 mars marque les luttes des femmes par des manifestations à travers le monde, pour certains, cette date reste une commémoration. Qu’à cela ne tienne. Commémorons !

Tout d’abord, commémorons la naissance de Marie-Adèle ANCIAUX dite Mary SMILES, en 1887. Cette militante et pédagogue libertaire sera la compagne de Stephen Mac Say, avec qui elle va partager sa vie et ses engagements. Elle enseigne, de 1906 à 1910, à « la Ruche », école libertaire créée par Sébastien Faure. Outre son travail d’enseignante, elle s’inscrit, auprès de Stephen Mac Say, dans une pensée et un combat pour l’écologie, en particulier pour la défense des animaux au sein de la « Ligue contre la vivisection ». Elle décède le 9 février 1983 à Chartres.

Dolores PRAT COLL naît également un 8 mars, en 1905, à Ripoll en Catalogne. Cette militante anarcho-syndicaliste de la CNT voit le jour dans une famille pauvre très croyante. Pour parfaire son éducation, elle est envoyée chez les sœurs. Expérience pénible qui sera un des actes fondateurs du caractère tranché de cette femme. A 15 ans, elle commence à travailler dans une usine textile où elle adhère aussitôt à la CNT. En 1936, elle était secrétaire du syndicat de l’industrie textile à Ripoll. Après la défaite du camp républicain, elle suivra la Retirada à travers les Pyrénées pour se réfugier en France où elle poursuivra son action jusqu’à sa mort en 2001.

On peut la voir dans le film de Lisa Berger « Chemin de Liberté » (1997). Son fils Progreso Marin lui a consacré un ouvrage: « Dolores : une vie pour la liberté » (2002).

 

 

En 1936, dans la revue espagnole Femmes libres (Mujeres libres), Emma Goldman écrit: « La femme espagnole ne tardera plus beaucoup à prendre le chemin de son émancipation. Le problème de l’émancipation féminine est identique à celui de l’émancipation prolétarienne : ceux qui veulent être libre doivent faire le premier pas. Les ouvriers de Catalogne et de toute l’Espagne l’ont déjà fait, ils se sont libérés eux-mêmes et ils sont en train de verser leur sang pour consolider cette liberté. Maintenant, c’est votre tour à vous, femmes espagnoles. Brisez vos chaînes. Votre tour est enfin arrivé d’élever votre personnalité et votre dignité, d’exiger avec fermeté vos droits de femme, comme individualités libres, comme membres de la société et comme camarade dans la lutte contre le fascisme et pour la Révolution sociale. »

Laissez donc vos roses, messieurs, en cette journée que certains pensent être une ode à la féminité. Le 8 mars est la journée où les femmes vous rappellent qu’elles continueront à se battre pour leurs droits, avec vous et non contre vous. Les droits des femmes, ce sont les droits de tous, pour tous. Plus que jamais, il importe d’être vigilants. Les discours rétrogrades, pour ne pas dire dégradants, s’affichent fièrement dans une époque où la femme est pointée du doigt comme responsable de tous les maux.