L’éditeur David Gaussen reçoit le prix Protis. Il en profite pour faire un point sur l’état lamentable des bibliothèques publiques à Marseille.

Le comité du Vieux Marseille a remis le 7 février son Trophée Protis à l’association Acta Vista, structure pionnière en matière d’insertion professionnelle de personnes éloignées de l’emploi pour sa rénovation du Fort d’Entrecasteaux.
Plusieurs élus de la majorité étaient présents, dont Sabine Bernasconi, Dominique Tian, Daniel Hermann, Laure-Agnès Caradec et Catherine Jalinot. Cela aura été pour eux l’occasion de goûter une suite de prises de parole très critiques à l’égard de la politique menée en matière de patrimoine au cours des vingt dernières années.
Dans son discours introductif, le président Georges Aillaud a indiqué que le Comité étaient parvenu à conserver son statut d’utilité publique en dépit de la regrettable décision du Conseil municipal de fermer le musée du Vieux Marseille. Soulignant que des « vents mauvais » menaçaient le patrimoine Marseille, il s’est tourné vers Dominique Tian pour s’assurer qu’il comprenait bien, étant donné sa passion connue pour la navigation, ce que signifiait cette expression.
En plus de son trophée, le comité a également distingué les éditions Gaussen pour leur travail éditorial sur l’histoire de la ville. Recevant son prix, David Gaussen a interpelé les élus présents sur la situation catastrophique de la politique du livre dans la cité phocéenne. «Il n’est pas normal qu’il n’y ait qu’une bibliothèque pour 100 000 habitants à Marseille, de même qu’il n’est pas normal d’expulser, en temps de paix, 2000 personnes de chez eux», a-t-il indiqué exprimant le souhait que les bibliothèques ne soient pas oubliées dans « la reconstruction de Marseille qui doit nécessairement être entreprise » (notre vidéo).
Outre «un coup de coeur» attribué à la famille d’historiens constituée par Pierre, Hélène et Edmond Échinard, le comité a également décerné une mention spéciale au journaliste de La Marseillaise David Coquille. Si les élus avaient lieu de se féliciter de l’absence du récipiendaire (actuellement à l’étranger), ils ont toutefois eu à subir un long et mérité éloge du reporter, qualifié par madame Delaage de «véritable chercheur » et dont les enquêtes, on le sait, constituent les attaques les mieux documentées contre les destructions du patrimoine marseillais opérées par la Mairie.

Tout ceci n’a évidemment pas ébranlé ni Monsieur Tian ni Madame Bernasconni qui, dans leurs discours de clôture, ont souligné leur attachement au patrimoine marseillais. Madame Benasconni a ainsi insisté sur son « engagement » en faveur de la tour Paul des Catalans, l’un des rares éléments du patrimoine ancien de la ville que l’équipe à laquelle elle appartient n’aura pas réussi à détruire au cours des quatre dernières mandatures… ni à restaurer.

Les observateurs de la vie politique locale auront noté qu’au cours de cette soirée, le nom de Martine Vassal a été beaucoup prononcé par Madame Bernasconni. Celui d’un certain Jean-Claude Gaudin, presque pas…

 

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https://youtu.be/XPlbCNASaPc