Les élus communistes de Marseille dénoncent une politique nationale et municipale tendues.

Ce week-end, devant la statue de Homère, au pied des ruines des immeubles effondrés, trois élus communistes marseillais font entendre leurs positions sur les événements nationaux et la position de la mairie sur la question du logement. Jérémy Bacchi, Jean-Marc Coppola et Christian Pellicani donnent leur analyses.

Cette rencontre fait suite au dernier Conseil d’arrondissement du 1 & 7èmes arrondissements. Les élus communistes invitent la presse à les retrouver pour exposer leur colère quant au traitement du drame qui a fait 9 morts. La proposition de vœux de Christian Pellicani (ci-dessous) a déclenché la colère de la maire de secteur, Sabine Bernarsconi, qui a affirmé son soutien à Jean-Claude Gaudin et reste persuadée que la municipalité a fait tout ce qui était en son pouvoir. En revanche, on s’attendait moins à la réaction violente de Patrick Mennucci qui a tenté, à plusieurs reprises, de couper la parole à Christian Pellicani. Patrick Mennucci, ancien maire du secteur, arguait : « Elle ne veut pas régler ton problème. Moi, je vais le faire ! Laisse-moi parler ! »Cette méthode, peu orthodoxe, de l’ancien maire de secteur lors du Conseil démontre une guerre d’ego déplacée et une responsabilité certaine non assumée. Après plusieurs tentatives de confiscation de la parole, Patrick Mennucci a quitté la salle, intimant à d’autres élus socialistes de le suivre.

Il est important de retenir que les vœux que Christian Pellicani voulait inscrire -en faveur de tous les sinistrés de Marseille- a rencontré un refus catégorique de Sabine Bernarsconi de le discuter et le mettre au vote. Pour les élus communistes, ce refus s’inscrit dans la logique d’une politique nationale anxiogène qui conduit à « une situation sociale et économique tendues ». Jérémy Bacchi affirme la position des partis de la gauche et des syndicats, « nous refusons d’être culpabilisés dans cette relation. Nous condamnons la violence, mais en priorité la violence sociale. Le gouvernement s’est acharné à attaquer la population. » Dans ce cadre, le Parti Communiste appelle à amplifier le mouvement pour une valorisation des salaires, la baisse des taxes sur la population, un vaste plan de révision fiscale pour un impôt « plus juste et équitable ». L’élu insiste sur la nécessité de sécuriser les lycéens qui font face à une « répression disproportionnée ».

Pour Jean-Marc Coppola, « le lieu de la rencontre d’aujourd’hui est symbolique à plusieurs titres. Elle affirme que nous sommes résolument au côté de ceux qui souffrent des politiques libérales. C’est pour cette raison que nous ne suivront Renaud Muselier, président du Conseil Régional, qui appelle à un rassemblement républicain alors qu’il a soutenu Jean-Claude Gaudin lors de ses mandats. »

Les 3 élus s’insurgent devant « la bunkérisation de la mairie » en prévision des manifestations qui se tiendront lundi matin en réponse au Conseil Municipal dont la question principale est le logement à Marseille. Ils se félicitent que « les Marseillais s’impliquent dans la vie de la cité ».

Pour rappel, le vœux que Christian Pellicani souhaitait faire voter regroupait ces principaux points :

  • Annulation de la taxe enseigne pour les commerçants et artisans dans les quartiers sinistrés.

  • Annulation de la taxe foncière et de la taxe d’habitation pour les habitants sinistrés dans tous les quartiers de Marseille.

  • Réquisition des logements vacants et encadrement des loyers.

Les propositions du Parti Communiste 13 fait 7 propositions qui vont au-delà des mesures d’urgence et s’inscrivent dans une politique sociale et municipale plus large. Pour Christian Pellicani, « la gratuité des transport serait une première réponse au pouvoir d’achat des Marseillais. »

Le Conseil Municipal de ce lundi a été annulé par la municipalité. Il devait y être voté 3 résolutions sur l’habitat suivi d’un débat d’1h30 sur le logement.