Marseille : 2 immeubles s’effondrent en centre-ville.

Ce matin les Marseillais sont sous le choc. Deux immeubles, sis aux 63 et 65 rue d’Aubagne, dans le premier arrondissement se sont effondrés. Les secours et les forces de l’ordre sont sur place. Tout le quartier est bloqué. Le numéro 67 menace de tomber, lui-aussi.

Un des deux immeubles était dans un état déplorable depuis plusieurs années. La mairie a annoncé un arrêté de péril la semaine dernière. On ne connait pas la date réelle de cet arrêté. Il a entraîné son voisin dans sa chute. La décence nous a empêché d’interroger les habitants du quartier, hébétés pour la plupart. Christian Pellicani, en qualité d’élu du premier secteur, s’est rendu sur place. Choqué par « ce spectacle de désolation« , l’élu Front de Gauche exprime « son soutien à la douleur des victimes. Il est difficile de se prononcer, aujourd’hui, sans connaître les vraies raisons d’un tel événement. J’attends les résultats de l’enquête.« 

Aujourd’hui, les Marseillais sont partagés entre la peur, la tristesse et la colère. La peur de connaître le bilan funeste de cet événement. La tristesse d’avoir perdu leur maison, leur vie, leurs souvenirs. La colère contre une ville et des bailleurs qui laissent un quartier à l’abandon au mépris de la sécurité de tous. Comment la mairie de Marseille a-t-elle pu débloquer entre 350 et 390 000 € (selon les sources) sans appel d’offre pour construire un mur autour de la place Jean Jaurès pour un projet de réhabilitation très controversé, mais reste incapable de descendre un immeuble qui menace de s’écrouler et ainsi renforcer par des étaies les deux immeubles qui l’entourent ? La ville avait été avertie de la vétusté du lieu. La façade s’effritait et la règle était de changer de trottoir pour ne pas prendre un caillou sur la tête.

Pour le moment, aucune information ne filtre quant aux recherches d’éventuels habitants ensevelis sous les décombres. L’immeuble sous arrêté de péril était régulièrement squatté. Quant à l’autre, on ne peut savoir si des habitants étaient présents chez eux au moment de la catastrophe. Le quartier a été évacué. Il faut sécuriser les immeubles qui encadraient les deux moribonds.

Le quartier de Noailles est l’objet d’une spéculation forte. La gentrification se faisant trop lente, les bailleurs abandonnent le quartier et laissent les bâtiments se détériorer, voire pourrir sur pied comme cela a été le cas pour cet immeuble de la rue d’Aubagne. La patience est l’apanage des financeurs qui parient sur le long terme pour une hausse du prix du mètre carré. Les habitants n’ont pas ce temps…

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