Non, on n’a pas perdu. Oui, le combat continue !

Pact of predators, 1950, Asger Jorn

Passée la première réaction, désenchantée, d’un second tour qui nous échappe, que nous reste-t-il ? Le désespoir ? Certainement pas ! Nous ne sommes pas faits de ce bois-là ! Si l’on regarde les chiffres : 19,6%, c’est insuffisant. Soit ! Mais quelle progression par rapport aux dernières présidentielles ! Un score presque doublé. C’est cela qu’il faut regarder. Cette progression vertigineuse. Oui, aujourd’hui, la gauche ce n’est plus le Parti Socialiste droitisant, pactisant avec les grands patrons. La gauche aujourd’hui est à nouveau visible. Elle s’appelle France Insoumise, Front de Gauche, Parti communiste (le classement n’est qu’alphabétique…).

Cette gauche représente et défend les valeurs que nous défendons depuis toujours. Elle est en marche, sans mauvais jeu de mots. Aujourd’hui, ce n’est pas une défaite. C’est une première victoire. Nous pouvons nous compter. Il faut refuser de se laisser aller au pessimisme ambiant qui voudrait que « ce soit foutu ! ». Non, ce n’est qu’un début. Les législatives arrivent à grands pas. Elles sont l’occasion pour tous de faire valoir nos voix localement et d’obliger le gouvernement, quel qu’il sera, à cohabiter, négocier, construire avec cette gauche que nous représentons. Les anciens me rétorqueront que ce n’est plus ce que c’était. Les jeunes me répondront que ce n’est pas ce qu’ils attendaient. Soit ! Et maintenant ?

L’avant-garde ne se rend pas, 1962, Asger Jorn

Maintenant, la balle est dans notre camp. Le jeu politique ne peut plus se faire sans nous. Il faut continuer à agir, interagir, lutter, discuter, s’engueuler. Cela passe par les urnes pour certains, mais surtout cela passe par la rue pour tous ! Quoi qu’il arrive, nous devons être fiers de cette nouvelle avancée et s’en emparer. Cette gauche, ce programme, nous devons continuer à les construire, les fabriquer, tous les jours. Personne ne changera rien pour nous. C’est à nous de nous emparer de nos luttes. Asger Jorn le peignait : « L’avant-garde ne se rend pas ! ».

Peut-être faut-il remettre un peu de situationnisme dans nos vies et construire nos luttes en fonction de ce programme fondateur : « Nous pensons d’abord qu’il faut changer le monde. Nous voulons le changement le plus libérateur de la société et de la vie où nous nous trouvons enfermés. »