Un Musée Multipolaire de la Mer à Marseille.

Christian Pellicani, conseiller municipal du secteur 1-7 et élu métropolitain, milite pour la réouverture du Musée de la Marine. La Chambre du Commerce et de l’Industrie Marseille Provence (CCIMP), qui occupe le Palais de la Bourse, a fermé le Musée de la Marine et souhaite le remplacer par une brasserie. Cet événement pose question aux élus mais aussi, et surtout, aux Marseillais.

La Chambre du Commerce et de l’Industrie trahit-elle sa mission d’accompagnement des commerçants ?

La Chambre du Commerce et d’Industrie de Marseille est locataire du Palais de la Bourse. La municipalité est propriétaire des murs. En sa qualité d’occupante des lieux, la CCIMP prend en charge la gestion du Palais. Celle-ci semblait trouver que le Musée de la Marine était peu rentable, il a donc fermé ses portes en mai 2018. Une partie des œuvres a été vendue lors d’une vente publique. Le reste des collections a été dispersé dans les réserves du MUCEM et dans les musées municipaux, qui ont déjà peu de place pour la conservation de leurs collections propres.

Le projet que semble privilégier la CCIMP est l’ouverture d’une brasserie qui rapporterait un loyer à une institution qui n’est pas propriétaire. Décidément, cette municipalité a le sens des affaires et sait s’y prendre pour renflouer les caisses… Dans ce cadre, la CCIMP souhaite mettre en concurrence plusieurs projets de brasserie avant de faire son choix. Christian Pellicani s’insurge : « En installant, en location, une brasserie dans ses propres locaux, la Chambre de Commerce et d’Industrie fait concurrence à ses propres adhérents et trahit sa mission d’accompagnement ! » Le syndicat de hôtellerie appuie les propos de l’élu et nie la légitimité de la CCIMP, à qui les restaurateurs, cafetiers et hôteliers versent des cotisations obligatoires, à leur faire concurrence dans un quartier qui ne manque pas de lieux de restauration ni de cafés.

La réponse de la CCIMP et de la ville à tous ces détracteurs reste l’argument éculé du développement du secteur du tourisme. Cependant, on peut penser que la vision d’un tourisme de consommation, comme seule alternative économique, reste très étriquées. Selon Christian Pellicani, « si l’axe politique est le tourisme, quid des lieux culturels qui sont un moteur économique fort du secteur touristique ? » En effet, c’est l’illustration d’un mépris formidable que de croire que les touristes viennent visiter Marseille pour ses brasseries plus que pour son identité culturelle et son patrimoine. Comme toujours dans cette gestion municipale, on affiche une fierté à dédaigner Marseille, son histoire et ses habitants.

La création d’un Musée Multipolaire de la Mer pour Marseille.

Il apparaît très étonnant qu’une ville portuaire de cette importance, deuxième ville de France, se défasse de ce qui est une marque forte de son identité : la mer et ses différentes pratiques. Car la mer, ce ne sont pas que les plages artificielles sur lesquelles nous aimons tous nous promener ou nous prélasser, ce ne sont pas que les yachts démesurés qui polluent nos ports, « la mer c’est une économie, des savoir-faire, une histoire. » Le Musée de la Marine en était le témoin.

Dans sa bataille pour la réouverture du Musée de la Marine, Christian Pellicani va plus loin et propose la création d’un Musée multipolaire de la Mer, dont le Musée de la Marine serait partie prenante. Le principe de ce Musée Multipolaire est qu’il s’installerait, comme son nom l’indique, dans plusieurs sites, déjà existants, pour présenter des collections riches, différentes en fonction des spécificités de chaque site. Le Musée serait présent de l’Estaque à la Pointe Rouge, en passant par le Musée de la Marine, ou encore le Marégraphe, dont on oublie qu’il est « le point zéro » de la France à partir duquel on mesure toutes les altitudes. L’élu communiste engage une grande campagne pour que le Palais de la Bourse redevienne un Musée de la Marine et un équipement municipal. Quant au financement de son projet de Musée Multipolaire de la Mer, dans une municipalité où les chantiers à venir sont coûteux et nombreux pour une mise en sécurité de tous, le développement des transports en commun, la restauration des écoles, etc. , la réponse de Christian Pellicani est simple et sans détour. Ces lieux existent déjà, il n’y a pas de nouveaux chantiers à envisager pour la mise en place de ce projet. Pour ce qui est du personnel nécessaire à la gestion de ces sites : « Élu communiste, je suis pour le service public. Le service public peut être performant ! On tire sur les agents municipaux, alors qu’on ne les utilise pas à leur juste valeur. Il faut former les gens. Il y a 12 000 agents municipaux qui sont une force pour notre ville ! ».