Appel à contribution : Christian Pellicani lance un débat sur les notions de démocratie.

Tiers Secteur Média et Christian Pellicani vous invite à participer à ce débat en nous livrant vos textes.

Le 15 février 2018, Christian Pellicani, élu Front de gauche, invitait 3 contributeurs à débattre avec lui sur le thème : « La démocratie et le suffrage universel sont-ils solubles dans le tirage au sort. ». Christian Nochumson, militant France Insoumise, et Henri Saint-Jean, militant Ensemble, ont répondu présents. Benoît Payan, élu socialiste, qui avait assuré de sa présence, ne s’est pas déplacé.

Démocratie et tirage au sort.

Aujourd’hui, notre société est marquée par l’ampleur de ce que l’on peut appeler le phénomène de désavantage social. Par désavantage social, nous entendons les groupes dont les membres sont en situation de vulnérabilité, exposés au chômage, à la précarité, aux emplois pénibles et mal rémunérés, à la relégation parfois.

Cette situation tend à faire penser qu’il faut envisager une réinvention de la démocratie. Pour certains, cette réinvention passe par une idée vieille comme le monde : le tirage au sort. Le tirage au sort existait déjà dans la Grèce antique. Athènes utilisait le tirage au sort pour confier la plupart des tâches à de simples citoyens. Rappelons qu’à l’époque, peu d’habitants de Athènes étaient considérés comme citoyens (pas les femmes, pas les étrangers, pas les esclaves…). On parle ici des tâches que n’exerçait pas l’Assemblée du Peuple. L’assemblée votait les lois, le budget, décidait de la paix ou de la guerre… A l’époque, certains comiques, comme Aristophane, dénonçaient le grand absentéisme lors des réunions de l’Assemblée. Là encore, Athènes dénote d’un grand modernisme.

Premières interventions.

Lors de ce premier débat, Christian Nochumson, militant France Insoumise, a dénoncé une démocratie aliénée et la nécessité de passer à une autre forme de démocratie. Celle-ci serait une VIème république où les membres de la Constituante n’auraient jamais exercé en tant qu’élus et viendraient de la société civile. On se demande quelle différence fondamentale avec les prises de positions de La République En Marche d’Emmanuel Macron…

Christiant Pellicani, élu communiste, pense qu’il est nécessaire de mettre en place des garanties pour les électeurs qui permettraient de « destituer » les élus qui ne tiennent pas leurs promesses de campagne.

Henri Saint-Jean relève « les paradoxes de la démocratie ». Il insiste sur le fait que la raison est différente du fait de « gouverner selon l’opinion ».

Réinvention de la démocratie ou infantilisation des électeurs.

Aujourd’hui, le tirage au sort est envisagé dans la littérature d’anticipation. Gérard Klein dans son roman « Le spectre du hasard » raconte comment une énorme machine tire au sort le citoyen qui deviendra le Chef suprême de la Terre. C’est ce que l’on appellera la stochocratie. Cependant, le tirage au sort en politique est aussi appelé Clérocratie. Ce terme désigne également une forme de gouvernement où l’Église gouverne.

C’est bien ce qui est paradoxale dans la proposition de tirage au sort de la France Insoumise. Alors que ses militants appellent à une responsabilisation de la population, d’une nouvelle prise en charge par tous de la société civile et donc une implication sociétale, dans le même temps l’organisation infantilise les électeurs, qui seraient incapables de faire le bon choix, en les invitant à s’en remettre à une force supérieure : le sort, pour choisir leurs élus…

2 Commentaires

    • Nochumson on 9 mars 2018 at 10 h 28 min

    A la lecture du résumé du débat du 15 février et à l’interprétation qui a été faite des propositions de La France Insoumise que j’ai développées ce soir là, on peut légitimement s’interroger sur l’utilité de vous transmettre de nouvelles contributions. Je résume les étapes: 1- Référendum sur un projet de loi convoquant l’Assemblée Constituante.2-Vote pour en désigner les membres. Ce vote combinerait l’élection de candidats présentés par les organisations et partis politique (vote à la proportionnelle) et vote pour la désignation par tirage au sort ( X% pour le tirage au sort, X% des sièges pourvus par le tirage au sort). 3- Nouveau référendum pour soumettre le texte constitutionnel, issue des travaux de la constituante (environ deux années). Je pense qu’il faut faire preuve d’une sévère cécité pour ne pas voir les différences avec E. Macron, ou d’une singulière mauvaise foi pour y voir une volonté  » d’infantiliser » les électeurs. Sur ce je vous souhaite un bon débat  » entre vous ». Christian Nochumson

  1. Christian,

    ton désaccord avec l’analyse qui a été faite est intéressante et c’est pour cette raison qu’il est important de faire entendre ta voix.
    Le principe d’un débat n’est pas que chaque participant soit d’accord avec les autres. Mais il s’agit, ici, de faire entendre la voix de tous.
    Nous publierons ta contribution avec plaisir.

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