La défense de l’environnement

La maîtrise du risque climatique exige une limitation des émissions annuelles de carbone fossile à 3 milliards de tonnes. Pour une population qui dépassera très probablement 9 milliards d’êtres humains, ceci ouvre un budget carbone fossile de 350 kilos par habitant de la planète à l’horizon 2050. C’est ce que reconnaît une loi votée en 2005 par le parlement français : il faut diviser par 4 la consommation d’énergie fossile par Français d’ici 2050. Mesure légitime mais prend-on les moyens de l’appliquer ?

Le développement des énergies renouvelables, la modification de comportements individuels, l’isolation des logements, la promotion des modes de transports alternatifs au routier, ne suffiront pas pour atteindre l’objectif. Il faudra diminuer la  consommation annuelle française d’énergies fossiles de 110 millions de tonnes équivalents pétrole alors que nous particuliers n’en brûlons qu’environ 55 pour les besoins domestiques (chauffage, cuisine) et les déplacements en automobiles. S’il est nécessaire de changer nos comportements, ce n’est donc pas suffisant.  Il faut aussi produire  et consommer autrement.

Cette sortie indispensable de l’âge des énergies fossiles interpelle bien évidemment tout le système économique actuel basé sur la recherche d’un profit dans le cadre d’une production sans limite. Le partage de l’énergie, bien commun indispensable à la vie, est une des hypothèses fondatrices d’un développement durable. Il ne peut être que solidaire sinon il ne sera pas. La réconciliation de la nature et de la société ne peut se faire que dans le cadre d’une satisfaction des besoins de tous.

Les perturbations de la production pétrolière en sont une preuve. On peut constater les effets de la croissance économique de la Chine, de l’Inde et du Brésil sur l’économie du pétrole. C’est bien la régulation marchande qui en est la cause. Le G20 qui vient de décider de mettre d’énormes moyens financiers dans la production d’énergie fossile, n’a pas tiré la leçon. Le double carcan du fossile et du marché pèsera encore plus lourdement alors que des formes de coopération sur les autres formes d’énergie auraient été bienvenues.

Il nous faut donc développer d’autres outils économiques. Le développement du commerce équitable est une des voies possibles. Il s’écarte de la pensée économique et politique dominante qui nous rebat les oreilles avec la notion de concurrence pure et parfaite. Il est clair que le commerce équitable la shunte.
Il s’agit en quelque sorte de créer les conditions pour que, dans une marchandise, apparaissent à la conscience du citoyen les rapports humains et naturels que le prix cache. En outre il faut établir un prix juste qui repose sur la transparence sur toute la chaîne de valeurs, du producteur au consommateur. En d’autres termes, derrière la notion de prix juste se profile tout un apprentissage social des échanges nord – nord et nord – sud.
Ce salon du commerce équitable veut y contribuer.