Présence de l’Action Française dans le centre ville de Marseille : les riverains craquent.

Depuis 2014, une antenne de L’Action Française s’est installée au 14 rue Navarin dans le centre ville de Marseille. Les militants de ce groupe nationaliste et royaliste d’extrême droite s’approprient la rue : collages d’affiches, insultes inscrites sur les portes des immeubles, réunions sur les trottoirs, voire sur la chaussée, soirées bruyamment arrosées, insultes à l’encontre des riverains, provocations, incitation à la haine.

 

 

Ma cité va craquer.
Les habitants de la rue Navarin désertent dès qu’ils le peuvent cette petite rue tranquille avant cette installation non désirée. Ceux qui restent se sentent pris au piège dans cette ambiance délétère. En effet, l’Action Française et ses militants semblent vouloir investir tout le quartier. Historiquement, Notre Dame du Mont et la Plaine sont des quartiers très occupés par les Antifascistes. Cette installation bruyante et imposante n’est donc pas anodine et s’énonce clairement comme une provocation.

Des plaintes non entendues.
Les habitants du quartier ont souvent porté plainte contre ce groupe qui profère menaces et injures au quotidien. Des courriers ont été envoyés aux élus, au Préfet faisant état de toutes les agressions, nuisances et autres méfaits dont les membres de cette cellule de l’Action Française se délectent. Les institutions restent sourdes à ces appels. La Police ne se déplace que rarement, sauf lorsqu’il s’agit de protéger les militants royalistes. Régulièrement la rue est entièrement bouclée par des CRS ou la Gendarmerie mobile qui empêchent les riverains de passer. Certains habitants ne peuvent plus rejoindre leur logement. Le tout, afin de permettre à ce groupe antirépublicain, anticonstitutionnaliste, de pouvoir tenir ses réunions.
Les élus et le Préfet répondent aux plaintes, courriers et pétition par des fins de non recevoir. Parce que l’Action Française est propriétaire, on ne peut l’expulser… On peut cependant prendre en compte les nombreuses dégradations, les nuisances sonores, les insultes, les agressions, les menaces. A bien chercher, il n’existe pas de loi protégeant les propriétaires auteurs de ces types de délits…
Les services publics semblent avoir choisi leur camp, et ce n’est pas celui des habitants.

Manifestations antifascistes.
Les groupes Antifa du quartier organisent régulièrement des contres manifestations lors des actions du groupe royaliste. C’était encore le cas ce samedi 14 octobre, jour de la réunion annuelle de l’Action Française. Les Anfita sont rejoints par des militants antifascistes de tout bords, mais également par les habitants du quartier qui ne comptent pas céder aux pressions. Les réponses policières sont toujours les mêmes. Les CRS encadrent de façon très serrée les antifascistes, sous prétexte d’éviter les heurts. Dans les faits, les choses se présentent cependant de manières très étranges. La rue de Lodi, artère perpendiculaire à la rue Navarin était occupée par un nombre impressionnant de policiers en civils équipés d’armes létales et non létales…
Ce samedi 14 octobre, ce sont bien les militants de l’Action Française qui sont passés à l’offensive en lançant des bouteilles de bière en verre par centaines sur leurs opposants et, accessoirement sur les CRS. Pourtant, ce sont bien les antifascistes que les CRS ont chargés et matraqués. Une voiture de la Police Nationale est restée en faction toute le nuit afin d’éviter les provocations… Laissant les royalistes occuper la rue et en interdire l’accès, armés de bâtons. Les bagarres se sont poursuivies jusqu’à 3h du matin. Au moins deux arrestations ont eu lieu.